Silure en float tube, par Numa (Part1)

Il y a une quinzaine d’années, “Média Carpe” et feu “La Pêche des Carnassiers” publièrent coup sur coup un article sur le même sujet, alors quasi sensationnel à l’époque : le silure en float tube. Je me rappelle très bien avoir trouvé quelque peu irresponsable la publication de tels articles. Je regrette aujourd’hui ce jugement hâtif. A ma décharge, les float tubes de l’époque n’étaient pas d’une fiabilité folle. Mais le matériel a bien évolué, et avec un peu de prudence et de préparation, chacun peut essayer de se lancer à son tour. Il faut dire que cette pêche ajoutant au plaisir du float tube le frisson du glane, elle est, on peut dire, un peu le vertige ultime du pêcheur d’eau douce.

IMG_1010Bien entendu, tout bon article sur le sujet doit commencer par des règles de prudence et des mises en garde. Ceci dit, le défaut majeur de cette pêche — sa relative dangerosité — en fait aussi son principal atout : c’est en effet un travail d’équipe entre deux éléments d’un binôme soudé. Lors du travail sur un très gros poisson, votre coéquipier doit en effet pouvoir intervenir à tout moment en cas de problème. On ne part donc pas pêcher le silure en float tube seul. Voilà la règle d’or.

La complicité qui unit les deux pêcheurs doit être totale. Quand l’un a un souci, il ne crie ni ne siffle, il lève simplement la main pour demeurer discret. On doit donc toujours garder un œil sur l’autre. On est mutuellement responsable de son coéquipier, et quel réconfort que de retrouver un peu de fraternité et d’entraide, dans une société comme la nôtre…

5821 005 MADCAT RT spinner_FireTigerCeci dit, la solidarité ne suffit pas. Il faut disposer d’une bonne condition physique. Palmer des heures, soutenir par l’action du dos un combat prolongé contre un silure, hisser, pousser, mouliner… tout ceci demande des calories et de la condition physique. En tout cas, ne sous-estimez pas l’effort requis. N’oubliez pas que vous allez vraisemblablement œuvrer en rivière, et peut-être devoir palmer pour suivre le poisson qui de toutes façons peut vous éloigner considérablement de votre point de départ ; il vous faudra donc peut-être effectuer un très long chemin de retour vers votre voiture…

A ce sujet, et quitte à pêcher à deux, la meilleure tactique et de laisser une voiture en aval, là où vous comptez cesser la pêche, puis de remonter avec une seconde voiture vers l’amont, que l’on laisse là avant de retourner la chercher à la fin de la partie de pêche. Je ne sais pas si vous m’avez suivi ?

Pour en finir avec la sécurité (si j’ose dire), il vous faudra porter un gilet de sécurité 51982-1autogonflant. Une crevaison, un rush qui vous fait basculer en avant… Il peut se passer mille choses sur l’eau, surtout en fleuve. Il vous faut enfin installer une ligne de vie, qui aura une double fonction : en reliant votre taille au float tube, elle vous évitera de voir celui-ci s’éloigner à toute allure dans le courant si vous tombez, et quand vous vous lèverez pour marcher dans peu d’eau, vous garderez les mains libres puisque le belly boat vous suivra, tenu en laisse.